Le Ministre de la Communication expose à Kigali l'expérience algérienne dans le domaine de la télévision numérique terrestre

Le ministre de la Communication, Mr. Djamel  Kaouane, a présenté, lundi 12 mars 2018 à Kigali, l'expérience algérienne dans le  domaine de la télévision numérique terrestre (TNT), à l'occasion du Forum  de l'Union africaine de radiodiffusion qui se tient dans la capitale  rwandaise sous le thème: "Les batailles féroces autour de la TNT en  Afrique".
Intervenant à l'occasion de cette rencontre, M. Kaouane a souligné que ce  forum constitue un événement unique qui a vocation de rassembler la  communauté africaine de l'audiovisuel autour d'un sujet qui est d'une  lancinante actualité, à savoir la migration vers la télévision numérique  terrestre", mettant en avant la "dimension stratégique" que revêt ce  domaine pour l'Algérie et pour le continent africain dans son ensemble. "La pleine intégration dans la société de la communication à travers le  passage à la diffusion numérique constituent un enjeu majeur pour l'Etat  algérien, à sa tête le président de la République, Abdelaziz Bouteflika,  qui a constamment œuvré à l'émergence, dans notre pays, d'une société  moderne et de savoir, maîtrisant et exploitant de façon optimum les  technologies de l'information et de la communication, de même qu'il a  inscrit la révolution numérique au fondement de tout développement ",  a-t-il fait observer.
Il a relevé, à cet égard, que le secteur de la communication a mis en  œuvre "une stratégie de développement du numérique en Algérie matérialisée  par un plan d'actions, des options technologiques et un dispositif  réglementaire adapté", rappelant, dans ce cadre, la mise en place en mars  2009, d'un Comité national de stratégie numérique, avec pour mission   l'élaboration d'une stratégie et d'une planification intégrant les  secteurs concernés".
Il a rappelé, dans le même contexte, que "les organisations nationales de  radiotélévision englobaient à la fois l'activité de production télévisuelle  et radiophonique, et l'activité de diffusion. Avec l'avènement de la TNT et  l'introduction de la notion d'opérateur de multiplex, ou de bouquet, il est  devenu nécessaire de séparer ces activités".
Après avoir concrétisé la migration vers la diffusion numérique, le  secteur de la communication "s'est attelé, à travers l'opérateur Public de  Télédiffusion d'Algérie (TDA), à l'introduction et à la généralisation d'un  premier réseau de Télévision Numérique Terrestre qui a nécessité des  investissements de l'ordre de 50 millions de dollars", a noté le ministre.
Pour M. Kaouane, la politique de l'Algérie sur la TNT "a été et demeure  ambitieuse, car notre objectif, a-t-il soutenu, consiste dans la couverture  de la totalité de la population algérienne, que ce soit dans les grands  centres urbains, les petites localités ou dans les zones les plus reculées  du pays". 
"Le principe retenu par notre politique consiste dans une volonté affirmée  de l'Etat d'offrir un service public de qualité, accessible à tous", a-t-il  fait savoir, affirmant, à ce dernier titre, que le contenu du réseau TNT  "sera diffusé sur le nouveau satellite de télécommunication algérien,  AlcomSat1, lancé en décembre 2017".
"L'Etat, à travers ces investissements consentis à la fois sur le réseau  TNT et sur satellite, conforte sa stratégie en matière de souveraineté  audiovisuelle tracée, dans la feuille de route du gouvernement, par le  Président Bouteflika", a indiqué le ministre de la Communication.
Un nouveau cadre juridique et règlementaire, a-t-il souligné, "induit des  changements importants dans le secteur de l'audiovisuel en Algérie et nous  interpelle pour accélérer la migration vers les nouvelles technologies  numériques afin de répondre au mieux aux besoins des nouvelles chaînes de  télévision, mais aussi, radio-sonores".
Dans cette perspective, il a indiqué que "la réalisation d'un second  réseau TNT, pour la diffusion d'un nouveau bouquet de chaînes de télévision  est en cours de préparation", et "sera bâti sur les dernières normes  technologiques, avec l'introduction de la télévision en Haute Définition  (HD), ainsi que de nouveaux services innovants à forte valeur ajoutée, tels  que la télévision hybride connectée". "La révolution numérique nous ouvre des perspectives intéressantes en  termes de nouveaux services, à la fois pour renforcer le service public et dans une optique commerciale. Ces services auront un rôle déterminant pour  promouvoir l'attractivité de la plateforme TNT", a-t-il fait observer, en  relevant que la thématique de ce forum lié à la TNT en Afrique "ne doit  pas, cependant, faire perdre de vue la numérisation de la radio".
Il a mis l'accent, à cet égard, sur l'importance de "garder à l'esprit que  la mise en service de la TNT dans nos pays, permettra l'arrêt de la  diffusion télé analogique et ouvrira, par la même, des perspectives  stratégiques en termes de réutilisation des fréquences TV analogiques ainsi libérées, en vue d'un déploiement, autrement plus intense, de la RNT, la  Radio numérique terrestre et ce, conformément aux accords internationaux de  l'UIT".
Pour l'Algérie, a-t-il indiqué, "cette stratégie spécifique relative au  déploiement de la TNT, s'inscrit dans une démarche globale de numérisation  du secteur audiovisuel", à même de lui permettre de "lever les contraintes  techniques en matière de diffusion radiophonique pour les futures chaînes  radio privées et de conforter la stratégie de l’Etat relative à l’ouverture du champ audiovisuel".
"Après la transition TNT, celle de la RNT représente pour nous la  prochaine étape qui nous mènera vers une diffusion dite du tout-numérique",  a fait savoir le ministre de la Communication.
La stratégie adoptée par l'Algérie en matière de migration vers le  tout-numérique "repose sur l'utilisation des nouvelles technologies de  diffusion terrestre télévisuelle et radiophonique et sur l'implication de  tous les acteurs opérant dans le domaine de l’audiovisuel", a précisé M. Kaouane, expliquant qu'il s'agit également d'une "opportunité qui permettra  la diversification économique par la création de richesse et d'emplois et  facilitera l'émergence d'un nouvel écosystème de l'audiovisuel reposant sur  les Technologies de l'information et de la communication".