Lancement avec succès du satellite algérien Alcomsat-1 depuis la Chine

Le satellite algérien de télécommunications  spatiales Alcomsat-1 a été lancé avec succès dimanche après-midi, porté par  le lanceur chinois Long March 3B, depuis la station Xichang Satellite  Launch Center, située dans la province du Sichuan à 2200 Km au sud-  ouest de  Pékin.

Le satellite Alcomsat-1, aux couleurs de l'emblème national, a été lancé à  17h40 heure algérienne, par l’Agence spatiale algérienne (ASAL), en  partenariat avec la Chine. Il est dédié notamment aux télécommunications,  la télédiffusion et l'internet. 

"26 minutes après le décollage vertical, selon les données du centre de  poursuite et de contrôle des satellites de XiÆan, les opérations de  séparation du satellite Alcomsat-1 du véhicule de lancement et son entrée  en Orbite de Transfert Géostationnaire (GTO) se sont déroulées avec  succès". L’apogée de cette Orbite de Transfert est de 4.1991km, son périgée  est de 200km et son inclinaison est de 26.4 degrés. Cinq manœuvres d’Alcomsat-1 seront nécessaires dans les 6 prochains jours, pour atteindre  son orbite géostationnaire 36.000 km et sa position orbitale 24.8 Ouest",  a-t-on expliqué auprès de l'ASAL.

L'exploitation et le contrôle du satellite "seront effectués par les  ingénieurs de l'ASAL, depuis les centres d’exploitation des systèmes de  télécommunications", a-t-on  précisé, ajoutant que "ces opérations auront lieu dès la séparation du  satellite du lanceur jusqu’à sa position orbitale géostationnaire et ces  derniers procéderont à l’activation, à la surveillance et au contrôle des  différents sous-systèmes du satellite et de ses appendices (antennes,  panneaux solaires, réflecteurs etc)". 

Selon l'ASAL, après cette phase, il est prévu une période de 3 à 6 mois  pour les phases de mise à poste et de tests en orbite avant l’exploitation  opérationnelle du satellite.

Premier satellite algérien de télécommunications, Alcomsat1 "est un  précieux outil multi-missions qui assure une couverture nationale et  régionale (Afrique du nord et Sahel), permettant l’amélioration des  télécommunications et la réception de plusieurs programmes de télédiffusion  avec la fourniture de services de transmission audio, d’internet à haut  débit, de télé-enseignement, de télémédecine et de visioconférence. 

Dans ce cadre, l'ASAL et l'Agence spatiale chinoise "ont développé un  partenariat scientifique et technologique basé autour de la conception, la  réalisation, le lancement et l'exploitation du satellite", a-t-on précisé.

Ce partenariat a permis la formation et la mise en place d’une compétence  humaine opérationnelle, "apte à exploiter et à maintenir en fonctionnement  nominal" de ce satellite. Un large programme de formation a été développé  au profit d'ingénieurs algériens dans les domaines pointus liés à la  conception et la réalisation du satellite. Il a également permis la  formation d’un nombre appréciable de docteurs et de masters dans les  spécialités liées aux technologies des télécommunications spatiales, a-t-on  ajouté.

Il est souligné que "cette ressource humaine de haut niveau constitue  l'élément clé pour la pérennité du programme spatial algérien, à travers  notamment le développement des futurs systèmes spatiaux de  télécommunications et leur bonne exploitation, à l'instar de l'expérience  acquise dans le domaine des satellites d'observation de la terre".

Ce projet, qui inscrit dans le cadre du programme du président de la  République, Abdelaziz Bouteflika, "constitue une traduction concrète de  l'accord de partenariat stratégique global signé par le Président  Bouteflika et son homologue chinois Xi Jinping, le 25 mai 2014", a rappelé  l'ASAL, qui précise que ce projet "vient conforter le choix stratégique de  promouvoir l'activité spatiale nationale à des fins pacifiques et d'en  faire de l’activité spatiale un instrument fiable et efficace de  développement économique durable et de renforcement de la souveraineté  nationale".

L'Algérie avait déjà lancé en septembre 2016 les satellites Alsat-1B,  Alsat-2B et Alsat-1N, par le lanceur indien PSLV C-35 depuis le site de  Sriharikota du Centre spatial de Satich Dhawan (sud-est de l'Inde). 

Ce programme spatial, qui s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du  programme spatial national horizon 2020, vise, à travers ces instruments  stratégiques, à renforcer les capacités de l'Algérie en matière  d'observation de la terre au service du développement durable et du  renforcement de la souveraineté nationale.

Il est à signaler qu'Alsat-1B est le deuxième satellite algérien  d'observation de la terre à moyenne résolution, lancé par l'Algérie après  Alsat-1. L'exploitation des images Alsat-1B prises depuis une orbite à 670  km d’altitude, répond, entre autres, aux objectifs liés à la protection de  l’environnement et des différents écosystèmes naturels, l’observation des  phénomènes de la désertification et à leurs cartographies, la cartographie  de l’occupation des sols, l’aménagement des territoires et du littoral,  ainsi que la prévention et la gestion des risques naturels.

Alsat- 2B est le deuxième satellite d'observation de la terre à haute  résolution, placé sur une orbite située à 670 Km d’altitude et ce, après  Alsat-2A en orbite depuis juillet 2010. Les images prises par Alsat-2B  viennent augmenter la fréquence des prises de vue et renforcer les  capacités de couverture du territoire national.

Alsat-1N est un nano satellite à mission scientifique et de démonstration  technologique développé dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord de  coopération avec l’agence spatiale du Royaume Uni (UKSA), par une équipe de  chercheurs algéro-britanniques.